dimanche 1 avril 2018

Bonnes Pâques aux chrétiens, aux juifs et aux athées.

         Quasiment personne ne lit ce blog ou presque rien d'important ne se passe, sinon des bribes qui me concernent, jetées à la cantonade .. et pourtant c'est la deuxième vidéo qui y est supprimée par une censure impitoyable.  La première consistait en quelques minutes d'un échange entre notre président et un super-banquier où se dénotait son incommensurable nullité. La deuxième une russe magnifique qui exécutait une danse du vente d'une incroyable beauté.
         La raison en serait-elle à chercher dans les mots "président" et "danse du ventre" ?
         Bien bien. J'étais juste passée souhaiter de Joyeuses Pâques à tous ceux que cela peut atteindre.


                                                                Photo prélevée ICI

lundi 26 février 2018

La, la, la, la, la, et la ! Mafhum ?

                                     Après frère Rachid, sérieux et sévère,
                                voili voilu voilà quelque chose de réjouissant !

mercredi 10 janvier 2018

FEMINISME versus FEMINISTERIE

                                        
                                                                                         image du site
Copié-collé de l'article de Jacquelyne Poulain-Colombier publié sur son blog , blog aux antipodes du mien  à elle la maîtrise hyper-absolue du texte qui doit transmettre la pensée, à moi les élucubrations, dans la mesure où j'ai décidé de parler d'une place qui n'est pas celle du psychanalyste faisant la leçon, pas vraiment non plus celle de l'analysant sur le divan, mais une place qui émane des deux, qui de plus est mâtinée de passe, c'est à dire plus ou moins sous le signe de la gargoulette 

 Le Blog du Chaudron psychanalytique

            LE PÈRE NOËL EN A MARRE

Par moments, je me demande à quoi ont bien pu jouer, enfants, ces militantes féministes égalitaristes qui n’ont de cesse, année après année, de vouloir exercer l’emprise de leur méconnaissance sur l’enfance des enfants. Chaque année, à l’approche de Noël, elles font une crise d’allergie au rose, traquent les jouets « sexistes », agitent des épouvantails – les « stéréotypes » -, entretenant ainsi « une persécution générale de l’imagination et du fantasme. »
Tout n’est pas politique, tout n’est pas social, il y a une autre dimension, celle de la vie de l’esprit, de la réalité psychique personnelle à chacun, de l’intériorité subjective. L’intimider, faire pression sur elle par du chantage moral, introduire la confusion entre le monde de la réalité et le monde de la fantaisie, des rêves, témoigne d’un empiètement abusif, non fondé.
Le texte qui suit – « Une persécution générale de l’imagination et du fantasme » -, plaide pour la défense de l’enfance des enfants et de cette autre dimension.

« UNE PERSÉCUTION GÉNÉRALE
DE L’IMAGINATION ET DU FANTASME »

« Chaque enfant qui joue se comporte comme un poète
dans la mesure où il se crée un monde propre (…)
L’opposé du jeu n’est pas le sérieux, mais … la réalité. »
Sigmund FREUD, [1]
« Toute personne en bonne santé
doit se nourrir autant de fiction que de faits. (…)
L’imaginaire n’est en rien l’affaire d’un homme capable d’écrire ni même de lire. Sa meilleure période est peut-être l’enfance et ce qu’on appelle jouer ou faire semblant. »
G. K. CHESTERTON, [2]
L’activité souveraine du temps de l’enfance – jouer –, qui dure ce que dure le temps de l’enfance, très peu de temps, est maintenant parasitée, détournée par l’activisme militant d’associations dites « féministes », « antisexistes », dont des acteurs politiques se font le relais. « L’égalité commence avec les jouets » ; faire des jouets la « première initiation à l’égalité », « pour l’égalité des sexes dans les jouets » –, tels étaient quelques uns des slogans dans un Rapport du Sénat, décembre 2014 [3], réitérés lors de tables rondes auxquelles participait un des signataires (Brigitte Crésy) du Rapport de l’IGAS 2012, [4]
Rapporteurs et discutants s’accordaient fin 2014 à reconnaître le « manque de succès remporté par les tentatives de lutter contre les stéréotypes masculins et féminins dans les jeux et jouets observé depuis le début des années 2000 », (Sénat, 2014, p. 39). Les mêmes, cependant, affirmaient que « les représentations de la fiction, des jouets sont plus sexistes que dans la vie réelle où hommes et femmes de plus en plus ont les mêmes activités », et que les stéréotypes véhiculés par les jouets dépassent les inégalités observées dans la vie professionnelle réelle », (Sénat 2014, p. 10, 19, 36, 104, 117-118). Au lieu de conclure que tout va bien, – la fiction est à sa place -, ils ont cherché à renforcer davantage l’intimidation des esprits, le chantage moral par des recommandations coercitives.
Les rapporteurs du Sénat et les discutants ont préconisé un label pour les « fabricants exemplaires », le conditionnement des commandes publiques (Sénat 2014, p. 121) à l’observance des « bonnes pratiques », ainsi que la mise en place d’un système de « Name and Shame », « basé sur le même principe que le site féministe Macholand.fr., » afin de contraindre les fabricants et commerçants « récalcitrants », (Sénat 2014, p. 51-53, 59, 112). On ne peut que s’étonner que des parlementaires puissent envisager de prendre modèle sur un site militant qui adapte à la technologie d’aujourd’hui la pratique du pilori, aboli pourtant en France par la loi du 28 avril 1832. On note également la désinvolture avec laquelle on est prêt à jeter en pâture la réputation d’une marque, d’une entreprise, sans souci des conséquences sur ceux qui en dépendent pour travailler et pour vivre. (Sénat 2014, p. 123-128).
À ce fichage de la honte publique, on suggère que les parents pourraient eux-mêmes contribuer, quoique toutes les familles ne soient pas égales : il y a celles désignées ici « à capital culturel modeste », pour lesquelles « faire plaisir à l’enfant semble important », et celles « au capital culturel plus élevé », qui fréquentent « les enseignes destinées à un public plus exigeant culturellement », et pour lesquelles « le jouet est un objet de négociation », (Sénat 2014, p. 42 ; 109). Dans ce Rapport, on apprend que, « dans le cadre des temps d’activités périscolaires », on monte « dans un certain nombre d’écoles en milieu rural, des ateliers, avec les enfants, visant à déconstruire les stéréotypes en vue des cadeaux de Noël. », (Sénat 2014, 120). On constate dans ces ateliers « les différences importances d’approche des stéréotypes entre les milieux sociaux. Dans les milieux favorisés, les parents sont plus à même de négocier avec leurs enfants concernant les jouets « genrés », tandis que dans les milieux populaires, où l’argent est plus rare, les parents sont beaucoup moins dans la négociation et davantage motivés par l’envie de leur faire plaisir. » Autre façon de le dire : « dans les milieux éduqués, les enfants perçoivent l’arnaque » des jouets « genrés », ce qui n’est pas le cas dans les milieux plus défavorisés », (Sénat 2014, p. 120.)
Cette version moderne du poème en prose de Baudelaire – Le joujou du pauvre [5], ces propos passablement cyniques sur l’inégalité sociale, où les plus « défavorisés » ne sont peut être pas ceux que l’on croit, en disent long sur le caractère fabriqué, artificiel du slogan « l’égalité et le vivre ensemble commencent avec les jouets ».
Comment en arrive-t-on à croire que lorsque qu’un enfant joue à « être grand », cela préfigure ce qu’il fera quand il sera devenu « grand », c’est-à-dire adulte? Peut-on sérieusement croire que des jouets d’enfance, quels qu’ils soient, peuvent influencer le choix ultérieur d’une orientation scolaire ou d’un métier, que l’aire de jeux est superposable au marché du travail, que des jouets peuvent produire « une limitation des champs professionnels féminins aux métiers », « des inégalités que l’on retrouvera plus tard dans les comportements des hommes et des femmes, tant dans la sphère intime que professionnelle » ? On ne recule devant aucune démagogie pour rendre la pensée captive de l’image comme celle de ce jeune garçon avec un poupon dans un porte bébé sur son ventre ainsi commentée : « De quoi avez-vous peur, qu’il devienne un bon père ? » [6]. Assimiler un « jouer ensemble » au « vivre ensemble », en faire un enjeu politique, fut-il démocratique, (Sénat, 2014, p. 33-37 ; 110), relève d’une confusion inquiétante.
Un jour, une mère a la surprise de voir sa petite fille de 4 ans engagée dans une partie de « jouer au docteur ». Ce qui la choque, ce n’est pas que sa fille consente à une proposition, potentiellement indécente, mais qu’elle prenne le rôle d’infirmière laissant au garçon celui du docteur, une distribution des rôles conforme aux « stéréotypes de genre », pense la mère, médecin elle-même, adepte de l’égalité dans le couple et la vie de famille, et qui dès lors se tourmente : à quel moment s’était-elle trompée dans son rôle de mère vis à vis de sa fille ? Au moment où elle a « oublié » qu’un enfant joue pour jouer, et ce dans l’aire d’expérience propre au jouer.
Vouloir que les jeux, les jouets du temps de l’enfance reflètent une réalité sociologique, appliquer des critères de réalité adulte aux objets du jeu de l’enfant, est une idée insensée : c’est abolir l’aire d’expérience elle-même, affaiblir, compromettre l’accès au « faire semblant » – « source de toute pensée représentative et symbolique, et aussi de toute invention » -, cette « structure illusoire » que Jean Château a si bien repérée et décrite. « Tout jeu est jouissance », disait-il, « le réalisme n’est qu’un moyen en vue de mieux satisfaire ses [de l’enfant] intérêts proprement ludiques. Peu importe au fond la conformité de l’histoire ou de l’imitation avec la réalité. C’est le jeu qui modèle l’histoire ou l’imitation, plus que l’inverse », [7].
Il est à remarquer que l’objet dit transitionnel, [popularisé sous le nom de « Doudou »], bénéficie d’une survalorisation collective au point d’être maintenant fétichisé, de ne plus pouvoir être « perdu » [8]. Par contre, on laisse les phénomènes transitionnels – qui appartiennent à cette même aire transitionnelle » -, être harcelés par des préoccupations qui lui sont étrangères et qui les compromettent, privant de jeunes enfants de cette nourriture vitale qu’est l’imaginaire, et menant à l’endommagement de leur sincérité émotionnelle.
« L’aire des « objets et phénomènes transitionnels », constitue, écrit Winnicott, « (…) la plus grande partie du vécu du petit enfant », et « subsistera tout au long de la vie, dans le mode d’expérimentation interne qui caractérise les arts, la religion, la vie imaginaire et le travail scientifique créatif », elle est un « lieu de repos », c’est-à-dire où le sujet humain n’est pas soumis à « la tâche de distinguer entre le fait et le fantasme », [9].
Dans ce temps où le petit d’homme s’aventure dans l’émergence de la pensée et de l’imagination, fait ses premiers pas de « penseur-rêveur » [10], où il entre dans l’humanisation par la parole et la capacité à créer, faire intrusion en introduisant la confusion entre personnage de fiction et réalité, monde des faits et monde de la fantaisie, des rêves, relève d’« une persécution générale de l’imagination et du fantasme. » [11]
Une nouvelle orthodoxie s’est octroyée le droit d’envahir et de parasiter l’aire transitionnelle où se déploie l’activité psychique créatrice du sujet enfant, et pas seulement en ce qui concerne les jouets et le « jouer ».
Il se passe toujours quelque chose quand la littérature est mise sous surveillance, quand on retire des livres d’une bibliothèque parce que non conformes, quand on veut « labelliser » les livres. Aujourd’hui, c’est le label « garanti non sexiste » qui est devenu exigible, livres et bibliothèques de littérature pour enfants sont passés au crible, tâche à laquelle des associations [12] apportent une contribution massive, psalmodique, la rhétorique militante étant partout la même.
Une nouvelle production d’albums et de littérature jeunesse étiquetés « non sexistes » a vu le jour, ainsi que des maisons d’édition qui s’affichent « égalitaires ». Le 6 juin 2013, à l’Association EgaliGone, « l’activité du jour est l’examen critique de trois albums censés œuvrer en faveur de l’égalité filles-garçons.» [13]
Le premier, qui s’inspire de fantasmes enfantins – « Je veux un zizi » – est lu avec « l’esprit de sérieux », ce qui lui vaut un rappel : « il ne suffit pas d’être étiqueté « égalitaire » pour l’être réellement ». Aussi c’est la nécessité de « la place de l’expertise dans le travail éditorial et de son importance quant aux garanties qu’elle peut apporter sur la conformité des contenus des albums » aux présupposés militants qui est envisagée.
Le second « s’attaque frontalement aux stéréotypes de sexe », les rôles traditionnels de sexe sont inversés », « il donne à voir un monde où les normes de genre sont inversées ». Si une critique est faite des « contre-stéréotypes peut-être parfois trop éloignés de la réalité » et « trop systématiques », le mérite du livre, nous dit-on, est de « montrer aux enfants qu’on peut adopter des objets, des jeux, des comportements arbitrairement associés à deux sexes différents et illustre la liberté de choix parmi l’ensemble des possibles dont devraient jouir tous les enfants. » Et d’ajouter : « Cela nous invite à dépasser la division qui a été construite entre les sexes », (…) et « permet de réfléchir à l’imposition de la norme, notamment sexuée, et de montrer aux enfants qu’on peut y déroger. » [14]
Le troisième met en scène une poule qui « donne aux enfants l’exemple d’une héroïne qui déjoue les normes sexuées », d’« une relation égalitaire » avec un coq. Néanmoins, « quelques stéréotypes sexués seront détectés », au moment où le récit réintroduit la mère et le père, des humains cette fois, où réapparaît la différence.
Ce que ne « détecte » pas cet examen critique, c’est l’incompatibilité entre militantisme et littérature : confondre activisme militant et « littérature » c’est corrompre l’esprit des contes, et celui des enfants. [15].
Autre exemple. Dans le cadre de la « Discussion à visée philosophique », cycle 2, (CP-CE2), sous l’égide de l’Éducation nationale, septembre 2015, [16], on a fait le choix de l’« album féministe » Rose Bonbon (1975) d’Adela Turin, [17].
« Pâquerette, une jeune éléphante rebelle, refuse obstinément de se plier aux normes d’une société très patriarcale qui impose aux filles de manger des « anémones qui rendent roses » et les empêche de sortir de leur enclos. Refusant d’obéir à ces ordres injustes, Pâquerette reste grise, joue dehors et s’émancipe. D’abord choquées et effrayées par cette conduite, toutes les autres éléphantes finissent par suivre son exemple. Filles et garçons construisent alors une société basée sur l’égalité entre les sexes. » Cet album, explique le commentaire, « illustre à sa façon la célèbre phrase de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » : en choisissant de ne pas reproduire les préjugés et stéréotypes sexistes et inégalitaires, Pâquerette va changer la société et imposer l’égalité et la liberté entre tous les membres de la Cité. »
Fallait-il vraiment plaquer la « célèbre phrase de Simone de Beauvoir » sur cet album qui se suffit largement à lui-même : Adela Turin est depuis longtemps engagée pour une littérature « non sexiste », c’est donc sans surprise que la teneur et la conclusion de l’album sont conformes à son présupposé militant, pour ne pas dire caricaturaux.
On ne peut qu’espérer que l’Enfant d’Éléphant retrouvera, avec Kipling, [18], son « insatiable curiosité » et posera des questions, cette fois à visée vraiment philosophique : comment sort-on de la grégarisation ? Gagne-t-on quelque chose à faire du suivisme, à reproduire des stéréotypes féministes ? Comment peut-on « imposer » la liberté…?
« En sommes-nous arrivés désormais au point où c’est aux enfants
qu’on demande de changer ou d’améliorer le monde ? »
Hannah ARENDT, [19]
Les « inégalités » dans le monde du travail, « les violences faites aux femmes » sont des choses qui n’ont rien à voir avec le monde de l’enfance, ce sont des problèmes d’adultes qui appartiennent au champ social et politique. Faire de la socialisation différenciée des filles et des garçons une cause de la persistance de l’inégalité des hommes et des femmes, croire que la préconisation d’une « éducation à l’égalité » entre les filles et les garçons, « dès la naissance », vaudrait « prévention » des inégalités dans le domaine du travail ou des violences faites aux femmes, qu’il suffirait de « déconstruire » des « stéréotypes sexués, sexistes » à commencer par les objets du temps de l’enfance, relève d’une fausse logique : on ne passe pas directement de l’enfance à l’âge adulte.
« Dans un certain nombre de documents émanant des conseils régionaux et généraux, jamais nous n’avons vu figurer les mots « sexe », « garçon » ou « fille ». Il est toujours fait référence à « l’enfant (…) En d’autres termes, la prise en compte éventuellement différenciée n’est pas évoquée », (Sénat 2014 p. 110). Et pour de bonnes raisons : outre que le mot « enfant » est épicène (« qui a une forme invariable, donc commune aux deux sexes » [20]), ce terme caractérise ici le statut d’enfant, en tant que spécifique, différent de celui de l’adulte : ne pas tenir compte de cette différence essentielle conduit à une dérive significative, [21], comme le montre cette autre remarque. « Il est extrêmement difficile de toucher le monde des parents. Or les recherches réalisées dans le monde de la famille montrent bien que malgré une volonté de neutralité, les parents n’agissent pas de la même manière avec leurs filles et leurs garçons. Ces différences, qui peuvent paraître minimes, sont absorbées par les enfants pour se construire comme fille ou garçon », il y a là une méconnaissance lourde de conséquences, qu’aggrave encore l’idée de préconiser « d’informer les parents, ne serait-ce que sur le fonctionnement du développement de l’identité sexuée de l’enfant », [Sénat 2014 p. 120].
Les parents ne sont pas des adultes comme les autres. Vouloir faire des parents les « co-acteurs » de la mise en œuvre d’un programme politique féministe égalitariste, les persuader que traiter différemment garçons et filles est inégalitaire, outre que cela relève de l’intimidation, c’est les amener à « déconstruire » eux-mêmes, chez leurs propres enfants, ce qui fonde leurs liens de filiation.
L’assignation sexuée différenciée dès la naissance n’est pas détachable du principe généalogique, lequel suppose l’institutionnalité. C’est comme fils ou fille que père et mère désirent, accueillent l’enfant de sexe masculin ou de sexe féminin qui vient de naître, et, à ce titre, inscrit, par eux, auprès du Tiers, dans l’ordre généalogique, selon les deux lignées familiales. D’où le principe de différentiation subjective : un fils n’est pas une fille et réciproquement ; un frère n’est pas une sœur, et réciproquement.
Élever son fils comme un garçon ou sa fille comme une fille n’est pas « sexiste », ne repose pas sur des « stéréotypes », c’est la conséquence logique du principe généalogique qui institue la possibilité de dire qui est qui, principe intangible.
On ne peut attendre de la mère et du père qu’ils cèdent aux pressions d’un féminisme égalitariste qui contraint àl’égalisation des comportements sous condition de neutraliser la différence sexuée, égalisation qui détourne l’égalité.
L’égalité est un droit de l’individureconnu en France à tout enfant, garçonfilledès la naissancede plein droit, c’est-à-dire non conditionné ni à la couleur de ses vêtements, ni aux jouets avec lesquels il joue, ni à ses livres d’enfance. Ce droit inconditionnel ne va pas sans la liberté.
Le père et la mère ont la responsabilité de la vie, du développement de leurs enfants. Ils sont les garants des droits de leur enfant, jusqu’à ce que leur enfant, fils ou fille, soit en âge de décider par lui-même. [22]
Tout n’est pas politique, tout n’est pas social, il y a une autre dimension, celle de la vie de l’esprit, de la réalité psychique personnelle à chacun, de l’intériorité subjective, c’est vrai aussi pour les enfants.
Obnubiler l’univers du jeu des enfants, le déposséder de son élément de « Faërie », [23], porter atteinte au « faire semblant » avec des questions qui relèvent de la réalité sociale, politique, est la marque d’un pouvoir qui a oublié ce qui le limite, et une terrible erreur.
NOTES
[1] Sigmund FREUD, « Le créateur littéraire et la fantaisie », in L’inquiétante étrangeté et autres essais, folio essais, 1985, p. 34-37.
[2] G. K. CHESTERTON, « L’imaginaire comme nourriture », Le Sel de la vie et autres essais, L’Âge d’Homme, 2010, p. 37-38.
[3] Rapport du Sénat, au nom de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur l’importance des jouets dans la construction de l’égalité entre filles et garçons, Par Mme Chantal JOUANNO et M. Roland COURTEAU, Sénateurs. Enregistré à la Présidence du Sénat le 11 décembre 2014. En ligne.
[4] Rapport sur l’égalité entre les filles et les garçons dans les modes d’accueil de la petite enfance, par Brigitte GRESY et Philippe GEORGES, Inspection générale des affaires sociales, à la demande de la ministre en charge des droits des femmes. En ligne. www.igas.gouv.fr ›
Une lecture critique de ce Rapport est faite dans les textes prochainement mis en ligne : « L’APPROCHE DE GENRE » APPLIQUÉE À LA PETITE ENFANCE. DES « ÉGALICRÈCHES » ; LE PROGRAMME DE LA « PÉDAGOGIE DU GENRE » ; OBJECTIONS À « L’APPROCHE DE GENRE » APPLIQUÉE À LA PETITE ENFANCE
[5] C. Baudelaire, Petits poèmes en prose (le Spleen de Paris), édition Pocket, 1998, p. 67.
[6] Jouets de Noël : attention, sexisme !
[7] Jean CHATEAU, Le RÉEL ET L’IMAGINAIRE DANS LE JEU DE L’ENFANT. Essai sur la genèse de l’imagination, J. Vrin, 1975, p. 15 ; chapitre III, p. 121.
[8] À contre-sens de ce que D. W. Winnicott a élaboré.
[9] D. W. WINNICOTT, JEU et REALITÉ, folio essais, Gallimard, 1975, p. 49; LETTRES VIVES, Gallimard, 1989, p. 174.
[10] Gaston BACHELARD, LE DROIT DE RÊVER, 1970, PUF.
[11] « (…) La censure exercée sur les contes de fées, tout comme l’assaut donné à la littérature “inappropriée” au monde moderne, fait partie d’une persécution générale de l’imagination et du fantasme. Au nom du réalisme et d’une “culture appropriée”, notre âge psychologique interdit des sublimations pourtant sans danger », Christopher LASCH, La Culture du narcissisme, Éditions Climats, 2000, p. 195.
[12] Voir sites Internet ADÉQUATIONS; ARTEMISIA; ÉGALIGONE
[13] http://egaligone.org/2013/06/06/egalimois-n3-notre-lecture-dalbums-jeunesse-etiquetes-non-sexistes/
[14] ANTIDOTE: René de OBALDIA, Innocentines, Poèmes pour enfants et quelques adultes (Édition biblio collège, Hachette Livre, 2005, p. 94-95.)

Le zizi perpétuel

Mon petit frère a un zizi
Mais moi, Zaza,
Je n’en ai pas.
Mon petit frère a un zizi
Toujours placé au bon endroit
Mais moi, Zaza,
Je n’en ai pas.
Pourquoi ?
[15] Pour rappel : la Convention internationale des droits de l’enfant retient deux critères : le « discernement dont un enfant est capable », « eu égard à son âge et son degré de maturité » ; le droit de l’enfant « de se livrer au jeu et à des activités récréatives propres à son âge ».
[16] http://eduscol.education.fr/ressources-emc Ressources enseignement moral et civique Discussion à visée philosophique à partir de l’album Rose Bonbon d’Adela Turin L’égalité garçons/filles – Ministère de l’éducation nationale Progression EMC, cycle 2 unpepinpedagogique.e-monsite.com/medias/files/emc-1.docx
[17] Rose Bonbon d’Adela TURIN, Collection Actes Sud, tranche d’âges 6-8 ans, réédition d’un album féministe devenu un classique, septembre 2014. https://www.actes-sud.fr/catalogue/jeunesse/rose-bonbon
[18] Cf. Rudyard KIPLING, Histoires comme ça, L’Enfant d’Éléphant.
[19] H. ARENDT, RESPONSABILITÉ ET JUGEMENT, Petite Bibliothèque Payot, 2009, p. 261.
[20] Termes épicènes, Grammaticalité et grammaire française, http://latlntic.unige.ch/grammaticalite/
[21] Un élément décisif de cette dérive, tient à ce que la démarche a été engagée au nom des droits de femmes, des intérêts des femmes – le Rapport de l’IGAS 2012, rédigé à la demande de la ministre en charge des droits des femmes, a servi de référence au Rapport du Sénat 2014, fait au nom de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, ainsi qu’au Rapport d’octobre 2016, fait au nom de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes sur Les études de genre, (par Mme Maud OLIVIER, Député. Enregistré à la Présidence de l’Assemblée Nationale N°4105, le 11 octobre 2016. En ligne) -, démarche qui aurait conduit à de tout autres conséquences si elle avait été conduite au nom des droits des enfants.
[22] Craindre qu’« au delà du choix des jouets, plus tard, au moment des choix socio-professionnels, si leur enfant veut se tourner vers un domaine pionnier ne correspondant pas aux représentations de son sexe, les parents ne l’encourageront pas dans cette voie », (Sénat 2014, p. 120), c’est croire que les parents font l’erreur de confondre le choix des jouets avec celui des choix socio-professionnels, ce qu’ils ne font pas. Pas plus qu’ils n’ignorent la différence entre « l’ouverture du champ des possibles » et le réalisable : il y a le champ du droit, et il y a les circonstances, les goûts, les talents, et la liberté de chacun.
[23] J. R. R. Tolkien, Faërie, Christian Bourgois, 1974, et nouvelles éditions.